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Salaire brut en net — convention BTP

IDCC 1597 · Bâtiment et travaux publics

Conventions collectives du bâtiment et des travaux publics

Vérifié le

Le BTP ne relève pas d'une convention unique mais d'un ensemble de textes distinguant ouvriers, ETAM et cadres, et selon que l'entreprise dépasse ou non dix salariés. Les mécanismes de paie décrits ici sont communs à l'essentiel du secteur.

La particularité structurante est la caisse de congés payés. Dans le bâtiment, ce n'est pas l'employeur qui verse directement l'indemnité de congés payés : il cotise à une caisse régionale, laquelle paie le salarié pendant ses congés. Cette cotisation est à la charge de l'employeur et pèse sur le coût du travail, sans apparaître en déduction sur le bulletin du salarié. Son taux est fixé par le conseil d'administration de chaque caisse : il a été porté à 20,70 % au 1er janvier 2026 dans plusieurs régions, contre 19,70 % en 2025.

S'y ajoutent les indemnités de petit déplacement — panier, trajet, transport — qui compensent les contraintes de chantier et obéissent à un régime social particulier, exonérées dans certaines limites.

Certaines cotisations de cette convention varient selon la caisse régionale ou l'accord d'entreprise. Les taux utilisés ci-dessous sont des ordres de grandeur : vérifiez les vôtres auprès de votre employeur.

2 000,00 € brut · Non-cadre

1 583,20 €

net à payer avant impôt, par mois

Net imposable
1 640,18 €
Net social
1 583,20 €
Net annuel avant impôt
18 998 €
Coût employeur mensuel
2 656,41 €
  • Cotisations416,81 €20,84 %
  • Net1 583,20 €79,16 %

Hypothèses

Statut

Sert à la conversion horaire. Les majorations et exonérations des heures supplémentaires ne sont pas ajoutées ici.

%

Indiqué sur votre bulletin.

Change le coût employeur.

Détail des cotisations

Montants mensuels. La part employeur ne diminue pas votre net : elle s'ajoute au coût du travail.

Cotisations salariales et patronales par catégorie
CotisationSalariéEmployeur
Sécurité sociale
Assurance maladie, maternité, invalidité, décès260,00 €13,00 %
Assurance vieillesse plafonnée138,00 €6,90 %171,00 €8,55 %
Assurance vieillesse déplafonnée8,00 €0,40 %42,20 €2,11 %
Allocations familiales105,00 €5,25 %
Contribution solidarité autonomie6,00 €0,30 %
Accidents du travail et maladies professionnelles44,00 €2,20 %
Fnal (moins de 50 salariés)2,00 €0,10 %
Sous-total146,00 €630,20 €
Retraite
Retraite complémentaire tranche 163,00 €3,15 %94,40 €4,72 %
Contribution d'équilibre général tranche 117,20 €0,86 %25,80 €1,29 %
Sous-total80,20 €120,20 €
Chômage
Assurance chômage80,00 €4,00 %
AGS (garantie des salaires)5,00 €0,25 %
Sous-total0,00 €85,00 €
CSG / CRDS
CSG déductible133,62 €6,80 %
CSG non déductible47,16 €2,40 %
CRDS9,83 €0,50 %
Sous-total190,61 €0,00 €
Autres contributions
Contribution au dialogue social0,32 €0,02 %
Contribution à la formation professionnelle20,00 €1,00 %
Taxe d'apprentissage13,60 €0,68 %
Contribution OPPBTP2,49 €0,12 %
Caisse de congés payés BTP414,00 €20,70 %
Sous-total0,00 €450,41 €
Total416,81 €1 285,81 €
Réduction générale dégressive unique629,40 €

Primes prévues par la convention BTP

Indemnité de panier
Compense le surcoût du repas pris sur le chantier. Exonérée de cotisations dans la limite du plafond fixé chaque année par l'URSSAF, elle est soumise à cotisations au-delà.
Indemnité de trajet
Indemnise le temps passé à rejoindre le chantier depuis le siège de l'entreprise. Elle a la nature d'un complément de salaire et suit, à ce titre, le régime social du salaire.
Indemnité de transport
Couvre les frais de déplacement engagés par l'ouvrier. Son régime social dépend de la manière dont elle est calculée et justifiée.

Ancienneté

Les grilles de classification du BTP intègrent l'ancienneté au niveau régional, chaque région disposant de sa propre grille de minima. Il n'existe pas de prime d'ancienneté nationale uniforme : reportez-vous à l'accord de votre région.

Indemnités et dispositifs particuliers

Congés payés versés par la caisse
Pendant ses congés, l'ouvrier est payé par la caisse CIBTP et non par son employeur. Le montant versé est calculé sur les salaires déclarés à la caisse au cours de la période de référence, ce qui explique qu'il puisse différer d'un mois de salaire ordinaire.
Régime de prévoyance de branche
Le BTP dispose d'un régime de prévoyance et de retraite supplémentaire de branche, dont les cotisations s'ajoutent au socle légal et apparaissent sur le bulletin.

Comment passe-t-on du brut au net ?

Le salaire brut est le montant inscrit sur votre contrat de travail. Il ne correspond généralement pas à ce que vous recevez : s'en déduisent les cotisations sociales salariales, qui financent votre retraite, votre assurance maladie et l'ensemble de la protection sociale. Pour un salarié du secteur privé, ces prélèvements représentent environ 21 % à 23 % du brut. Le solde constitue le net à payer, auquel s'applique ensuite le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu.

Ce pourcentage n'est pas rigoureusement constant. Il dépend de votre statut — les cadres acquittent une cotisation Apec dont les non-cadres sont dispensés — et du niveau de votre salaire par rapport au plafond de la Sécurité sociale, fixé à 4 005,00 € par mois en 2026. Au-delà de ce plafond, la retraite complémentaire devient sensiblement plus coûteuse sur la fraction concernée. La cotisation de vieillesse plafonnée s’arrête toutefois au plafond : le taux global dépend de l’ensemble de ces lignes.

À quoi servent les cotisations retenues

Les lignes d'un bulletin sont regroupées par risque couvert. Comprendre cette organisation permet de lire son bulletin plutôt que de le subir.

Sécurité sociale
Elle finance l'assurance maladie, la maternité, l'invalidité et la retraite de base. Un point surprend souvent : depuis 2018, le salarié ne cotise plus à l'assurance maladie dans le régime général, hors régime local d’Alsace-Moselle — cette ligne n'apparaît qu'en part employeur. Ne subsiste côté salarié que l'assurance vieillesse, à 6,90 % sous le plafond, complétée d'une fraction déplafonnée sur la totalité du salaire.
Retraite complémentaire
Gérée par l'Agirc-Arrco, elle s'ajoute à la retraite de base et constitue le poste le plus lourd du bulletin. Elle se calcule par tranches : 3,15 % pour le salarié sur la part du salaire inférieure au plafond, 8,64 % au-delà. S'y ajoutent deux contributions d'équilibre, la CEG et la CET, qui financent les départs anticipés et l'équilibre du régime.
Chômage
Intégralement à la charge de l'employeur depuis 2018. Si vous cherchez une cotisation chômage sur votre bulletin en tant que salarié, vous ne la trouverez pas : elle a été supprimée et remplacée par une hausse de la CSG.
CSG et CRDS
Ces contributions financent la protection sociale au sens large. Elles se calculent non pas sur le brut mais sur 98,25 % du brut, un abattement pour frais professionnels limité à quatre plafonds annuels. La CSG se scinde en une part déductible de l'impôt, à 6,80 %, et une part non déductible, à 2,40 %, à laquelle s'ajoute la CRDS à 0,50 %.

Net social, net imposable, net à payer : trois chiffres différents

Le net à payer avant impôt précède le prélèvement à la source. Le net payé après cette retenue correspond au virement. Le net imposable peut être supérieur au net avant impôt : la CSG non déductible et la CRDS sont bien prélevées sur votre salaire, mais la loi interdit de les déduire de votre revenu imposable. Elles sont donc réintégrées dans la base de l'impôt. Le montant net social, obligatoire sur tous les bulletins depuis 2023, sert de référence commune aux organismes sociaux pour le RSA et la prime d'activité.

Notre guide détaille ces trois montants avec un exemple chiffré au niveau du SMIC.

Pourquoi ce résultat diffère de votre bulletin de paie

Ce calculateur applique les taux légaux à un salaire théorique. Votre bulletin, lui, intègre des éléments que nous ne pouvons pas deviner : la complémentaire santé de votre entreprise, un accord de prévoyance plus favorable que le minimum légal, une prime de transport, des heures supplémentaires, un temps partiel, ou une entrée en cours de mois. Ces éléments peuvent expliquer un écart dont l’importance dépend de votre situation.

Le montant net social affiché ici se confond avec le net avant impôt, faute de connaître votre complémentaire santé : dès qu'une mutuelle collective existe, les deux chiffres divergent légèrement. Du côté employeur, le taux d'accident du travail est notifié individuellement à chaque entreprise par la Carsat selon son activité et sa sinistralité — il peut varier de moins de 1 % dans un bureau à plus de 5 % sur un chantier. Le coût employeur affiché retient une valeur moyenne et doit être lu comme un ordre de grandeur.

Enfin, le coût employeur tient compte de la réduction générale dégressive unique, entrée en vigueur le 1er janvier 2026. Cet allègement est maximal au niveau du SMIC et disparaît à trois SMIC : sans lui, le coût du travail sur les bas salaires serait surestimé de plusieurs centaines d'euros par mois.

Taux en vigueur depuis le 1er juin 2026, vérifiés auprès de l'URSSAF et de l'Agirc-Arrco

Questions fréquentes

Pourquoi la cotisation congés payés n'apparaît-elle pas sur mon bulletin ?
Parce qu'elle est intégralement à la charge de l'employeur. Elle augmente le coût du travail mais ne diminue pas votre net. En contrepartie, votre indemnité de congés vous est versée par la caisse et non par votre employeur.
Les indemnités de panier sont-elles imposables ?
Elles sont exonérées de cotisations et d'impôt dans la limite d'un plafond revalorisé chaque année. La fraction qui dépasse ce plafond est traitée comme du salaire : soumise à cotisations et imposable.

Sources